5 erreurs que vous commettez lors du choix du système structurel de votre projet

Personne n’en parle dans le budget. Mais tout le monde les connaît quand il est déjà trop tard. Voici la liste que vous auriez bien aimé lire avant de signer.

Chaque année, des décisions structurelles sont prises qui semblent justes sur le papier, mais qui se transforment en véritable cauchemar sur le chantier. L’erreur ne réside presque jamais dans les calculs. Elle réside dans ce que personne ne vous a dit avant de choisir le système de construction.
Joan Juanola

ERREUR N° 1: Calculer la durée des travaux en ne tenant compte que des jours de travail effectifs

Lorsqu’un promoteur ou un chef de chantier établit son calendrier, il prévoit généralement les jours nécessaires à la mise en place de la structure, puis passe à la suite. L’erreur consiste à oublier les périodes pendant lesquelles le chantier n’est pas prêt, où il est impossible de travailler et où, par conséquent, les travaux n’avancent pas. Ce temps perdu ne se résume pas seulement à une accumulation de jours : il entraîne également une perte de rythme de travail. L’inertie liée à la reprise de l’activité après chaque interruption réduit le nombre de jours effectifs, de sorte que l’on finit par avoir besoin de plus de journées que ce que l’on aurait prévu s’il n’y avait pas eu d’interruptions.

Certains systèmes de construction imposent, une fois la structure mise en place, une interruption des travaux au niveau du plancher pendant plusieurs semaines. Les planchers sont étayés. Les corps de métier chargés des installations, de la pose des cloisons et des finitions ne peuvent pas accéder au chantier pour travailler. Le calendrier prend du retard, la location de la grue et des échafaudages se prolonge, et des pénalités de retard commencent à se profiler.

Avant de choisir votre système structurel, posez-vous les questions suivantes : « Comment puis-je faire en sorte que la structure puisse être montée sans interruption ? », « Dans combien de jours le corps de métier suivant pourra-t-il intervenir sur la structure ? ». Cette réponse vaut bien plus que n’importe quel prix du matériau à la tonne.

Les systèmes de montage à sec permettent, dès qu’une zone est montée, aux autres corps de métier d’y accéder immédiatement. Ainsi, le temps pendant lequel la structure immobilise le chantier est réduit au minimum.

ERREUR N° 2 : Établir le devis de la structure sans tenir compte des jours perdus entre les différentes phases : fondations, structure et autres postes.

Aujourd’hui plus que jamais, le temps, c’est de l’argent. Chaque jour de chantier représente une dépense importante en ressources et en coûts d’infrastructure, mais surtout, le temps consacré à la structure a une conséquence directe et très coûteuse : il détermine le retard et le coût de tous les autres postes du chantier.

Dans de nombreux projets, la structure ne représente pas plus de 20 % du budget total. Et pourtant, elle peut influencer une grande partie du coût des autres postes, un coût qui serait considérablement réduit si la structure était conçue en accordant la priorité au facteur temps et à la précision.

Le paradoxe réside dans le fait que l’on choisit souvent le système structurel en fonction du prix des matériaux, sans tenir compte des économies ou de l’augmentation du temps et des coûts liés aux autres postes.

Le coût réel d’une structure ne réside ni dans son poids ni dans son prix, mais dans les économies qu’elle permet de réaliser en temps et en argent. Un système structurel fondé sur le facteur temps effectif, bien exploité, réduit de manière très significative les coûts de l’ensemble du chantier et rend plus abordables chacun des postes de dépenses suivants.

ERREUR N° 3 : Considérer que la qualité structurelle dépend des compétences des ouvriers sur le chantier

Dans le domaine de la construction, il existe un facteur qui apparaît rarement dans les contrats mais qui conditionne le résultat final : les compétences et le savoir-faire des ouvriers qui réalisent les travaux

Les systèmes entièrement construits sur chantier, avec des mélanges, des coulées, des coffrages et des armatures montés sur place, présentent une variabilité intrinsèque difficile à maîtriser. Le résultat dépend des conditions météorologiques du jour, du camion qui est arrivé en retard, de l’expérience du chef d’équipe et de dizaines de facteurs qui ne figurent sur aucun plan.

Les systèmes qui sont fabriqués entièrement en usine, dans le cadre d’un processus industrialisé et dans des conditions contrôlées, à l’aide de des machines de précision et des contrôles qualité formalisés, éliminent cette part d’aléatoire. Lorsque les matériaux arrivent sur le chantier, la qualité est déjà garantie. Il ne reste plus qu’à procéder à l’assemblage sur place.

La question n’est pas de savoir si votre fournisseur dispose de bons ouvriers. La question est la suivante : quelle partie du processus de qualité se déroule en usine, et quelle partie se déroule sur le chantier ? Plus cette partie se déroule en usine, moins il y a de risques sur le chantier.

ERREUR N° 4 : Choisir une structure qui, aujourd’hui, semble fonctionner pour le projet, mais qui, demain, dans la réalité, le bloquera

Une structure ne dure pas cinq ans. Elle dure cinquante ans, voire plus. Et ce qui est aujourd’hui un entrepôt logistique pourrait, d’ici dix ans, nécessiter des modifications, des ouvertures, des mezzanines, des auvents, etc. Ce qui est aujourd’hui un local d’entreposage pourrait devoir être transformé en espace de bureaux, en laboratoires ou en qui sait quoi d’autre.

L’erreur consiste à opter pour des systèmes structurels rigides, qui nécessitent des piliers tous les quelques mètres ou des murs porteurs qui morcellent l’espace intérieur. Ce sont des solutions qui répondent aux besoins d’aujourd’hui, mais qui limitent les possibilités futures.

La construction moderne exige des espaces ouverts et flexibles. Non seulement pour des raisons esthétiques, mais aussi parce que l’utilisation des bâtiments évolue. Un système permettant de réaliser de grandes portées avec des profilés élancés transforme n’importe quel plan d’étage en une toile vierge pouvant être réaménagée sans toucher à la structure.

En quoi une structure qui permet d’agrandir, de renforcer ou de modifier le bâtiment à l’avenir avec une intervention minimale se distingue-t-elle ? Dans le domaine de l’acier, ajouter un étage, ouvrir une ouverture ou renforcer une poutre sont des opérations qu’une équipe spécialisée peut réaliser sans rien démolir.

ERREUR N° 5 : Passer commande de la structure sans prévoir l’emplacement des installations

C’est sans doute l’erreur qui suscite le plus d’agacement sur un chantier. Et c’est aussi celle qui est la plus facile à éviter.

Le scénario classique est le suivant : la structure est achevée, l’équipe chargée de la climatisation ou de la plomberie arrive et constate que les poutres ou les dalles bloquent le tracé des conduits. Il faut alors commencer à casser, percer ou improviser. Le chef de chantier se dispute avec les corps de métier, des fissures ou des affaiblissements imprévus apparaissent, et personne n’assume la responsabilité.

La cause n’est pas la mauvaise foi de qui que ce soit. Il s’agit de l’absence d’une phase d’ingénierie de détail préalable au début des travaux. Si la structure n’a pas été modélisée en 3D avec les installations intégrées, avant de fabriquer quoi que ce soit, les conflits sont pratiquement inévitables.

Les systèmes de construction qui imposent de définir l’ensemble de la géométrie avant la fabrication, car il n’est pas possible d’improviser en atelier, sont ceux qui arrivent sur le chantier sans surprise. Les poutres peuvent ainsi être livrées avec les passages de tuyaux et les alvéoles nécessaires, parfaitement calculés. Les installations traversent proprement la structure, sans rainures ni modifications.

C’est un bon exemple qui montre à quel point la « rigidité » du processus d’atelier constitue en réalité un énorme avantage : elle vous oblige à tout réfléchir avant de passer à la réalisation. Et c’est exactement ce qui distingue un projet mené à bien dans les délais d’un autre qui donne lieu à des discussions jusqu’au dernier jour.

Dans les systèmes rigides, toute modification future implique des travaux coûteux, une incertitude structurelle et, dans de nombreux cas, la décision de ne pas la réaliser. Le bâtiment reste figé.

Ce que ces cinq erreurs ont en commun

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